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Article in the Swedisch Dagens Nyheter
Date
8 December 2025
Des athlètes dont les boîtes de réception sur les réseaux sociaux sont inondées de messages haineux. Des entraîneurs qui reçoivent des menaces.
Mais les arbitres et autres officiels sont eux aussi touchés par le mécontentement croissant.
"Si nous ne traitons pas le problème, bientôt nous n'aurons plus d'officiels", déclare Gwenda Stevens, présidente de la Fédération Internationale des Officiels Sportifs.
À Milan–Cortina, elle souhaite que chacun puisse avoir accès à un soutien.
Lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, le Comité International Olympique (CIO) a utilisé un outil d’IA pour analyser des milliers de comptes sur les réseaux sociaux à la recherche de menaces et de harcèlement. Au total, 10 200 messages ont été confirmés comme discours haineux en ligne et signalés aux entreprises de réseaux sociaux pour suppression.
À Paris, 152 welfare officers étaient également présents, provenant de divers comités olympiques nationaux, ainsi que des responsables de la sécurité et du bien‑être du CIO et de plusieurs fédérations sportives.
Aucune structure de soutien comparable n'était disponible pour les officiels via le CIO.
Gwenda Stevens a une expérience personnelle en tant qu’arbitre olympique d’aviron. Elle est également membre du conseil d’administration du Comité Olympique Belge.
Avant les Jeux d’été de Paris, elle a demandé au welfare officer de l’équipe belge s’il pouvait également être disponible pour les officiels du pays.
"Ils pouvaient l'appeler à tout moment, même la nuit. Si, par exemple, ils avaient l’impression d’avoir commis une erreur et ne savaient pas comment y faire face, ou s’ils avaient été harcelés, il pouvait les aider."
Depuis 2025, elle est également présidente de la Fédération Internationale des Officiels Sportifs (IFSO). À ce titre, elle souhaite désormais que davantage de comités olympiques nationaux adoptent le modèle belge. C’est nécessaire, dit‑elle.
"Parfois, vous recevez des remarques de la part d’entraîneurs ou d’autres personnes qui peuvent être très désagréables, et ensuite vous allez vous coucher et vous ne dormez pas parce que vous continuez à penser à ces paroles."
Au sein du Comité Olympique Suédois (SOK), il existe une « Athletes' Commission » qui représente les intérêts des athlètes. Il n’existe pas d’équivalent pour les officiels. Mais cela s’explique.
Dans de nombreux pays, comme la Belgique, le comité olympique national et l’organisation sportive nationale ne font qu’un — en Suède, cependant, ces rôles sont séparés entre le SOK et la Confédération Suédoise du Sport (RF).
"Au SOK, nous considérons naturellement que les arbitres et officiels méritent tout le respect et que le fair‑play va de soi. Mais notre rôle est exclusivement lié au développement de la performance, à la préparation et à l’exécution de la participation olympique. Nous ne sélectionnons pas les officiels pour les compétitions — cela relève principalement des fédérations sportives spécialisées et des fédérations internationales. C’est pourquoi nous n’avons pas de commission ou d’organe similaire pour les arbitres ou officiels", écrit Johan Flodin, responsable du développement de la performance au SOK, dans un e‑mail à DN.
Selon Gwenda Stevens, le CIO n’a pas non plus de commission pour les officiels.
Il s’agit de reconnaissance, dit‑elle. Parfois elle a le sentiment qu’on parle peu de la vulnérabilité des officiels, parce qu’il est en quelque sorte considéré comme normal qu’ils supportent des abus verbaux.
"Mais si un jeune voit que le harcèlement est courant, pourquoi voudrait‑il ou elle devenir arbitre ?"
Avec les réseaux sociaux, les critiques envers les arbitres et autres officiels sportifs se sont intensifiées.
En vue des Jeux Olympiques de Milan–Cortina, le CIO met de nouveau fortement l’accent sur la protection et la sauvegarde. Comme à Paris, il y aura des points d’accueil physiques et des lignes téléphoniques où les athlètes pourront obtenir du soutien. Pour les athlètes suédois, Johan Flodin — qui a suivi la formation certifiée du CIO en safeguarding — sera disponible.
Flodin ajoute que le SOK a lancé une collaboration avec le Comité Paralympique Suédois et les Scouts, appelée « Safe Championships », visant à créer un environnement sain pour la performance sportive, tant pour les athlètes que pour les entraîneurs/dirigeants.
Selon Gwenda Stevens, presque chaque sport fait face à une pénurie d’officiels. La critique n’a rien de nouveau en soi.
"Quand un arbitre de football a une mauvaise journée et commet une erreur, tout le monde le voit. Et le lendemain, tous les journaux rapportent qu’il s’est trompé. Mais lorsqu’il arbitre très bien, vous ne lirez jamais cela dans le journal."
Un problème qui a pris de l’ampleur est la haine sur les réseaux sociaux, comme l’ont montré les analyses IA lors des Jeux de Paris.
"C’est pourquoi les officiels ont aujourd’hui besoin de plus de soutien — quelqu’un comme un safety ou welfare officer vers qui ils peuvent se tourner," dit‑elle.
Faits : Qu’est‑ce qu’un welfare officer / safeguarding officer dans le sport ?
● Une personne chargée de créer un environnement sûr, protecteur et positif pour tous les participants.
● Un travail largement préventif, par exemple en développant des plans d’action et en proposant des formations.
● Sert de point de contact principal pour les athlètes/entraîneurs/officiels en cas de problèmes tels que l’intimidation, le harcèlement ou la discrimination.
Texte :
Tove Nordenhäll
Dagens Nyheter, 8 décembre 2025

